La dépendance affective

Les visages de la dépendance affective

Façon d’être dans ses relations, avec, souvent, une profonde insécurité, la dépendance affective est assez répandue. Certains consultent en sachant qu’ils vivent cette problématique depuis plusieurs années alors que d’autres, s’en rendent compte lorsqu’ils se surprennent à avoir des attitudes qui peuvent paraître excessives, ou qui du moins, les tiraillent énormément.

Elle peut donner l’impression de ne pouvoir se passer de l’autre et prend, parfois, la forme d’un chagrin d’amour difficile, voire perçu comme impossible, à dépasser. Elle s’accompagne souvent d’un réel et profond mal-être dont, on peut avoir la sensation, qu’il est difficile de s’extirper.

Il existe plusieurs intensités de dépendance affective ainsi que plusieurs manifestations possibles, allant du besoin de se sentir rassurée par les autres à des douleurs profondes et déchirantes. Et même s’il s’agit de se sentir rassuré, bien que cela puisse être gérable, l’individu ou son entourage peut sentir la nécessité d’un travail sur soi pour parvenir à plus de confiance et de sérénité.

Des perspectives d’amélioration

Une thérapie est souvent débutée lorsque la situation devient envahissante. Certains signes peuvent, toutefois, permettre de la déceler en amont, sans chercher toutefois à dramatiser mais plutôt à développer une plus grande aisance avant que les manifestations ne soient plus accrues.

Les risques anxio-dépressifs, parfois majeurs, avec des répercussions possibles sur la santé et/ou la continuité des projets de l’individu sont réels. Ils méritent d’être pris au sérieux, car sont souvent épuisants psychiquement, ce qui peut aggraver la situation. Trouver, dans un premier temps, une écoute, une compréhension et des perspectives d’amélioration de cet état est une première étape essentielle à toute reconstruction et manière plus saine de vivre sa vie et ses relations.

Une dépendance souvent plus large

Selon le psychologue et chercheur américain, Grégory L. Jantz, fondateur du Center for Counselling and Health Ressources, à Washington, le type de personnalité dépendant, ici affectif, peut manifester une certaine dépendance non seulement dans le domaine des relations amoureuses mais aussi dans d’autres situations de vie.

Enfin, il a été observé que ces types de personnalités ont généralement plus d’attrait pour tout ce qui peut être addictif (travail, sport, alcool, jeu, drogues, écrans…). D’où une possible accumulation des problèmes, avec pour socle commun la tendance (aux origines bio-psycho-sociales) à la dépendance.

On ne l’observe pas directement chez tous les individus évoluant avec une dépendance affective, mais il est important d’en avoir conscience, et de savoir que cela peut être le cas.

Les signes d’une dépendance affective

Signes qui peuvent montrer une certaine dépendance affective:

  • avoir vraiment besoin du réconfort ou de l’approbation d’autrui
  • se sentir obligé de satisfaire les demandes et besoins des autres
  • craindre et/ou éviter les désaccords (peurs, notamment d’être rejeté, exclu, abandonné, des conflits…)
  • avoir de la difficulté à prendre ses propres décisions sans validation ou conseil de quelqu’un (indécision, report de la responsabilité de la décision sur autrui, de pas s’en sentir capable, avoir peur de faire le « mauvais » choix)
  • compter sur des tiers (famille, amis, partenaire de vie) pour assumer certaines responsabilités (gestion administrative, finances, organisation au quotidien, santé, choix de vie plus ou moins majeurs…)
  • avoir du mal à faire les choses soi-même, à démarrer et à aller au bout des projets
  • sentir de l’anxiété ou, au contraire, une certaine forme de soulagement à l’idée d’être seul ou lorsque cela se produit
  • avoir des difficultés à poser des limites et à les défendre

D’après les critères de reconnaissance de ce type de personnalité, avec au moins cinq des affirmations ci-dessus dans lesquelles on se reconnaît, on peut poser l’hypothèse (à vérifier dans le cadre d’un suivi) d’une tendance à la dépendance.

Quand se sentir seul devient une souffrance

Chaque vécu est différent. Des facteurs peuvent aisément les faire varier tels que les expériences antérieures, l’intensité et le niveau d’évolution de la dépendance affective. Chaque accompagnement fera en sorte de prendre en compte ces aspects.

C’est souvent lors de phases de difficile acceptation des changements (voire de déni, d’évitement ou de rejet de ces derniers) que les troubles apparaissent ou s’intensifient. Ces événements de vie peuvent, alors, être difficiles à dépasser; certains y parvenant mieux dans certains domaines de leurs vies.

On peut citer, entre autres, les événements suivants:

  • séparation
  • non partage des sentiments
  • refus (amoureux, amical, professionnel…)
  • deuil
  • divorce
  • éloignement pour des raisons professionnelles et/ou personnelles
  • etc…

A savoir que le fait de ressentir certaines émotions ou sentiments (tristesse, colère, peurs, surprise, un manque, un sentiment de solitude…), n’est pas pathologique. Cela peut, néanmoins, nécessiter un accompagnement s’il s’avère trop difficile de vivre ces états, que ce soit avec un vécu de dépendance affective ou non. 

S’il on n’y parvient pas seul, il peut s’avérer utile de trouver de l’aide et de tenir bon vers une progression puis, avec le temps et ce qui aura été acquis, une perspective de résolution de ces difficultés.

Un sentiment de vide

Ce qui est, aussi, souvent relaté, dans le cas de la dépendance affective, c’est que la solitude peut se faire angoissante, voire insupportable. Elle est parfois subie, parfois comme choisie, mais dans une volonté consciente ou inconsciente d’évitement des situation anxiogènes (par exemple, la peur ou la non envie de vivre du rejet ou des conflits).

Certains font part, dans certains cas, d’idées obsédantes ou de cogitations mentales importantes, les empêchant parfois de se concentrer voire de se détendre, de lâcher-prise, donc de dormir ou de profiter du moment présent.

Généralement, c’est avec l’autre que l’individu se sent rassuré mais pas n’importe quel autre. Celui qu’elle a choisi ou trouvé sur son chemin, du moins inconsciemment, comme « pilier » de réassurance. Elle initie, d’ailleurs, souvent, ses actions en fonction de cette personne (ou de plusieurs, s’il y a plusieurs « piliers » essentiels) ou évite les confrontations qui sont pour elle anxiogènes en lui laissant la direction des événements.

Elle paraît passive, mais finalement, reste maintenue dans le système qui la rassure. Ce peut-être un de ses bénéfices inconscients. Un des inconvénients, en revanche, est le fait qu’elle ne gagne pas en confiance, et même peut en perdre, en maintenant ce schéma actif. C’est un des points sur lesquels, la personne souffrant de dépendance affective pourra avoir à se concentrer en thérapie.

Aussi, c’est souvent pour cela, qu’au moment où le partenaire dont elle a le sentiment d’avoir besoin s’absente ou s’en va (de façon provisoire ou définitive), la personne souffrant de dépendance affective peut éprouver des difficultés. Elle peut se retrouver dans une situation qui lui demande plus d’énergie car la mettant face à plus de situations qu’elle tend à éviter d’habitude. Là, elle peut apprendre, mais la tendance, sans travail continu sur soi, est de revenir au schéma connu. Elle peut aussi, dans certains cas, se sentir complètement perturbée, chamboulée, comme en désagréable perte des repères qu’elle s’était trouvés jusqu’à maintenant.

L’idée, dans la dépendance affective, c’est souvent:

Mais que vais-je faire moi, maintenant? Sans lui/elle? Je n’y arrive pas sinon… ou très difficilement.

Il s’agit d’une déclaration qui peut s’entendre clairement et parfois, de façon plus latente.

Ne pas se remettre d’une relation qui se termine

On peut, aussi, se sentir en dépendance affective, et en souffrir, lorsque l’on se sent perdu voire obsédé par le départ ou toute autre attitude difficilement acceptée de l’autre, sans forcément se sentir dans ces besoins de réassurance. Comme un deuil que l’on arrive difficilement ou pas à réaliser. Il s’agit, aussi, d’une situation qui peut être très douloureuse, nécessitant un accompagnement pour arriver à vivre mieux cette transition et ne plus reproduire un schéma aussi souffrant.

Selon la nature de la relation, son déroulement et la façon dont elle s’est terminée, il est possible que des éléments d’attachement, certains besoins, certaines peurs et, parfois, traumatismes soient en cause. Il est aussi possible, en séance, de s’y intéresser et de faire en sorte de vivre différemment ses relations ultérieures.

Un problème envahissant

Comme vu plus haut, la dépendance n’est, généralement, pas qu’affective.

La personne peut avoir l’impression que dans d’autres domaines tout se passe bien.

Il est des fois où, effectivement, aucun problème n’en est ressorti. Et tant mieux. Ce sont déjà des vécus plus sereins.

Toutefois, pour certains, cette dépendance est plus large, avec les tendances citées plus haut qui s’appliquent quel que soit le domaine de vie.

Il existe tellement de singularité que de nombreux visages de la dépendance sont possibles.

Malgré tout, la dépendance a tendance à prendre de la place aussi bien dans les relations que dans les différents domaines de vie de l’individu.

La peur est souvent omniprésente. Un manque de confiance et de sécurité intérieure, bien réel. La peur d’être abandonné et des vécus d’abandon sont souvent relatés.

Ceci peut conduire à des comportement que l’on appelle « contra-phobiques » (pour éviter la source de la peur et de toutes les autres peurs associées, plus ou moins conscientes). Le problème semble évité sur le moment mais, avec ce schéma-ci, peuvent s’activer des cercles vicieux dont il devient plus difficile de faire autrement et qui accentuent le mal-être.

Des solutions efficaces existent

Avec des approches telles que la thérapie comportementale et cognitive mais aussi d’autres approches complémentaires, adaptées au cas par cas, il est possible de prendre conscience de ces schémas et d’apaiser ces peurs, de prendre le recul nécessaire et de changer sa façon de vivre sa vie et ses relations, dans un rapport plus sécure, autonome et équilibré. 

Le changement de perception et de comportements peut s’en trouver, alors, plus fluide et, donc, moins énergivore et déstabilisant.

Pour conclure

Si vous sentez avoir cette tendance, sous la forme qui est la sienne, ou si vos difficultés relationnelles vous montrent qu’il serait, de votre point de vue, bon de les vivre différemment, vous pouvez solliciter une aide précieuse.

Au début, dans un accompagnement régulier, de prises de conscience, d’améliorations puis lorsque les difficultés sont, de façon stable, derrière vous, vous découvrir plus à l’aise dans votre vie, sans ces fonctionnements limitants qui se sont installés et qui, aujourd’hui, peuvent entraver, votre liberté.

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Pour plus d’informations ou si vous désirez entreprendre une psychothérapie sur Toulouse, vous pouvez contacter Laëtitia Pirrello-Parnot, psychologue et psychothérapeute, au 06.51.85.84.88 pour prendre rendez-vous. D’approche multiréférentielle intégrative, elle accompagne depuis des années des personnes souffrant de ces troubles en prenant soin de proposer un suivi personnalisé et adapté à chaque personne en fonction non seulement de ses difficultés et de ses objectifs mais aussi de son environnement.

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